Education positive Parentalité positive et bienveillante : pour ou contre ?

Parentalité positive et bienveillante : pour ou contre ?

par Mary Morgane
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La parentalité positive et bienveillante est-elle une mode ?

Bien sûr que non !

Quand on parle de parentalité positive et bienveillante, on trouve de tout… et cela devient très (trop !) marketing. Au même titre que la pédagogie Montessori, on en parle comme de simples outils ou techniques à mettre en place, une solution miracle à toutes les difficultés que nous rencontrons avec nos enfants… et c’est comme cela qu’on peut le percevoir comme une mode ou une tendance.

Or, les réflexions et thématiques de la parentalité positive émergent des récentes découvertes faites en neuroscience et en psychologie de l’enfant. Une mode ne dure qu’un temps, mais là nous parlons de découvertes scientifiques, qui nous aident à savoir comment fonctionne le cerveau de l’enfant, à mieux le comprendre pour mieux l’accompagner. Il n’est donc pas question de revenir en arrière sur les bienfaits que cela apporte, mais d’informer les parents et les métiers de la petite enfance afin que nos enfants grandissent plus sereinement et soient plus épanouis.

Pourquoi l’image que l’on s’en fait est-elle souvent erronée ?

Cette démocratisation fait qu’on entend tout et n’importe quoi. Il est courant d’entendre parler de la parentalité positive et bienveillante comme une méthode miracle pour faire obéir nos enfants de manière douce. Mais ce n’est pas du tout ça !

Il ne s’agit pas de soumettre l’enfant, de le faire obéir et d’établir un rapport de force avec lui, mais de l’écouter, d’accueillir ses émotions et de l’accompagner au mieux, tout en le respectant. Le but est de l’aider à grandir et à s’épanouir en mettant en place avec lui un système gagnant/gagnant, et donc une réelle coopération. Il n’est donc pas question de revenir en arrière et de repasser à une méthode d’éducation « traditionnelle » si cela ne fonctionne pas.

Pratiquer la parentalité positive et bienveillante demande un réel investissement et un gros travail sur soi, car c’est bien plus qu’une méthode ou des techniques, mais un état d’esprit, une philosophie de vie. Cela demande plus d’investissement au départ, plus de temps, et c’est parfois long, mais à long terme ce sera un gain de temps et d’énergie, pour les parents comme les enfants.

Et en vrai, c’est quoi pratiquer la parentalité positive et bienveillante ?

Avant de la pratiquer, il faut la comprendre. Remettre en cause nos valeurs, notre système d’éducation, nos habitudes et celles de notre entourage. Ce n’est pas parce que « on a toujours fait comme ça et personne n’en n’est mort » que c’est la meilleure des choses.

Cela demande de faire une réelle démarche de réflexion personnelle : quel parent je souhaite être, quel modèle je veux donner à mon enfant, quelles valeurs je souhaite lui inculquer ?

C’est donc un travail sur soi bien plus compliqué que le simple rejet du modèle parental que nous avons eu étant enfant.

Lorsque tout cela est mis à plat, et que l’on décide de se lancer dans l’aventure il faudra lire, se renseigner au maximum pour comprendre le fonctionnement du cerveau de l’enfant, comment comprendre et accueillir ses émotions. Il est primordial d’observer son enfant, d’adapter son comportement et son environnement. C’est en effet plus complexe que de simple méthodes ou outils à appliquer bêtement, mais tellement plus intéressant aussi ! Lorsque l’on réussit à comprendre pourquoi notre enfant réagit de telle ou telle façon, cela devient beaucoup plus simple d’adapter son comportement.

L’idée est de respecter ses émotions, son rythme naturel, son développement et ses capacités ;

En effet, on demande généralement à nos enfants « d’être sage » ou « de bien se tenir ». Ces demandes sont-elles vraiment en adéquation avec la nature « aventurière » de l’enfant, et ses capacités par rapport à son âge, son évolution intellectuelle et émotionnelle ?

Est-il vraiment judicieux de demander à nos bambins de s’adapter à notre société actuelle pour être bien perçu par les autres, ou devons-nous plutôt essayer de mieux les comprendre, les accompagner et les aider sans se soucier de ce que pense les autres ?

Malgré l’engouement actuel pour la parentalité positive, le sujet est pour autant souvent mal compris. On la confond avec le laxisme, l’absence de limites et de frustration. Mais ce n’est pas du tout le cas. Il s’agit simplement de réfléchir à la justesse et la pertinence des limites que l’on pose, et qui sera différente en fonction des familles, des personnes et de l’environnement. Il faut aussi comprendre qu’il est possible de poser des limites sans condamner ou rabaisser l’enfant qui exprime sa frustration.

Il existe des outils et des solutions pour aider les parents à mieux comprendre le fonctionnement émotionnel de l’enfant et donc l’accompagner dans le respect de sa personne. Sans les appliquer à la lettre, car chacun est différent, il faut s’en inspirer, tester, et surtout les utiliser sans penser qu’ils servent à mettre en place une méthode de dressage ou de manipulation douce. L’idée première reste la coopération volontaire de l’enfant !

Pourquoi je n’emploie plus le terme de parentalité bienveillante ?

Je n’aime plus ce terme, car en entendre parler régulièrement de manière approximative ou erronée, juste pour coller « à la mode » est assez pénible, même si le fait de parler de plus en plus de parentalité bienveillante et positive permet d’éveiller les consciences et amène à se poser des questions.

L’éducation bienveillante suggère aussi, indirectement, des « parents parfaits ». Il n’y a pas de parents parfaits, et heureusement ! De plus, la plupart des personnes utilisant une éducation plus traditionnelle (Violences Éducatives Ordinaires) sont persuadés de faire de leur mieux pour leur enfant, on ne peut donc pas dire qu’ils ne sont pas « bienveillants ». Ils ne sont simplement pas informés, ou n’ont pas fait le choix de remettre en question leur modèle d’éducation.

Voilà pourquoi je préfère parler d’éducation en conscience, car cela implique une prise de recul et de conscience nécessaire au cheminement permettant de remettre en question le modèle d’éducation reçu. Ce terme suggère aussi que nous avons droit de faire des erreurs, ce qui n’empêche pas de se remettre en question et de chercher d’autres alternatives.

L’épuisement, la fatigue, la charge mentale et pleins d’autres choses peuvent parfois nous pousser à nous éloigner de nos convictions. Il faut prendre du recul, et être bienveillant avec soi également pour l’être avec les autres et s’améliorer.

Et toi, qu’en penses-tu ?

Cette réflexion sur le sujet délicat de la parentalité est très personnelle, n’y voyez bien sûr aucun jugement de ma part, je partage ici mes ressentis. Il n’est pas non plus question de juger mes parents ou les vôtres, ou d’être en colère car cela ne nous avancera à rien.

Il faut aller de l’avant, utiliser les ressources dont nous disposons aujourd’hui et travailler sur soi et sur la relation avec nos enfants pour améliorer les choses.

J’espère que cet article te plaira, n’hésites pas à partager ton avis sur ce sujet !

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