Parentalité consciente Comment faire obéir ton enfant sans crier ?

Comment faire obéir ton enfant sans crier ?

par Mary Morgane
4 commentaires
obéir sans crier

Ton enfant ne t’écoute pas, il n’en fait qu’à sa tête, cela t’énerve et te fatigue et pour le faire obéir tu fini par crier ? Si tu es sur mon blog, j’imagine que tu sais déjà que crier n’est pas la meilleure solution pour amener ton enfant à faire ce que tu souhaites.

En réalité, l’idée n’est pas de faire obéir ton enfant, mais de l’amener à coopérer volontairement afin qu’il fasse ce que tu souhaites.

Si tu cries et que cela fonctionne, ne crois pas que c’est la meilleure chose ; crier sur ton enfant lui montre le mauvais exemple car il fera de même lorsqu’il sera mécontent. Et surtout, il va avoir peur, c’est pour cette raison qu’il va obéir.

Je pense que tu préfères que ton enfant fasse ce que tu lui demande avec envie et plaisir, plutôt que parce qu’il a peur de toi ?

Dans cet article, je vais essayer de t’aider à garder ton calme lorsque ton enfant refuse de coopérer, en te délivrant les trucs et astuces qui fonctionne chez moi.

Pourquoi ton enfant « refuse d’obéir » ?

En fait, il ne refuse pas de t’écouter, mais généralement il comprend mal la consigne. Et cela pour plusieurs raisons.

La manière de s’exprimer

La première chose à savoir, c’est que son cerveau n’est pas du tout construit comme le nôtre. Ce qui est acquis pour toi, ce qui te parait évident, ne l’est pas forcément pour lui.

Par exemple, un enfant de moins de 2 ans peut difficilement comprendre la négation. Si tu lui dis « ne monte pas sur la table », il va seulement retenir l’action, et donc va comprendre « monte sur la table ». Alors, il va s’exécuter, tout content de te montrer qu’il réussit à monter sur la table.

Tu vas répéter la consigne, et lui va continuer, tout sourire ! Forcément, tu vas penser qu’il se moque de toi, alors qu’en réalité il est fier car il pense avoir fait ce que tu lui demande, et en plus, il ne comprendra pas pourquoi tu t’énerves !

Pour que les consignes soient facilement compréhensibles pour lui mieux vaut utiliser la formulation positive, et lui dire ce qu’il peut faire plutôt que ce qui est interdit. Dans notre exemple, tu peux dire « descends de la table » ou « laisse la table ».

C’est aussi important d’utiliser la bonne intonation ; parler fermement mais calmement, avec aplomb, sans crier. ET ne pas avoir peur de répéter, car l’enfant apprend grâce à la répétition. 

Donner les bonnes instructions

Sais-tu qu’avant 3 ans, un enfant a beaucoup de mal à enregistrer plusieurs actions ?

Si tu lui dis « habilles toi, ranges tes jouets et vient manger », tu as de bonnes chances pour qu’il retienne une seule action, voir aucune !

Il sera beaucoup plus réceptif si tu lui délivre les consignes au fur et à mesure, ou si tu les tournes différemment. Tu peux par exemple dire « vient, on va choisir tes vêtements », puis avant de manger, nous allons ranger tes jouets ».

La finalité est la même, mais cela ressemble moins à un ordre, ton enfant ne se sent pas contraint. Et si tu l’accompagne pour faire avec lui, tu verras que cela passera beaucoup mieux !

C’est également important d’utiliser des mots simples et clairs. Évite les phases à rallonge, comme « on va aller au parc, tu peux aller chercher tes chaussures dans le meuble ? », préfère par exemple « on va au parc, chaussures ? ». Cette manière de parler parait peut-être bizarre et directive, mais elle facilite beaucoup la compréhension pour ton enfant. Et utilisée avec une intonation douce elle n’est pas du tout agressive.

Lorsque ton enfant fait ce que tu lui as demandé, même si ce n’est pas parfait, remercie-le. C’est très important car cela va l’encourager et lui montrer le bon exemple. On le fait pour les adultes, pourquoi pas nos enfants, à qui on demande d’être polis ?

Utiliser l’intelligence sensori-motrice

Jean PIAGET, biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie, a mis en lumière 4 grandes périodes d’évolution individuelle, dont la période sensori-motrice, de la naissance à 2 ans.

Il explique dans sa théorie que l’intelligence de l’enfant sur cette période est essentiellement pratique et construite grâce aux sens et à la motricité de l’enfant. Il prend petit à petit conscience du monde qui l’entoure, ses sens et mouvements évoluent pour développer ses connaissances et ses interactions avec l’environnement.

Cette théorie est assez peu connue, par nous, parents, nous n’y accordons donc pas forcément l’importance nécessaire. Pourtant, c’est sur cette période que l’enfant fait des acquisitions mentales extrêmement importantes, car c’est la première phase du développement cognitif.

En tant que parent, tu peux utiliser cette période pour aider ton enfant à mieux comprendre et donc mieux coopérer.

Utilise les mouvements pour l’aider ! Tu peux pratiquer la langue des signes, qui vous aidera tous les deux à mieux communiquer.

C’est également très efficace de « mimer » les actions. Fais ce que tu lui demande de faire, montre-lui en expliquant, car joindre le geste à la parole sera beaucoup plus compréhensible pour lui, et donc plus facile à reproduire.

Il faut tester pour trouver ce qui fonctionne avec ton enfant. Par exemple, mon fils n’a jamais reproduit le signe « manger » pour me signaler qu’il a faim, alors que d’autres signes ont été très vite intégrés.

Un jour, mon mari a commencé à se frotter le ventre en disant « miam miam » au moment de manger, et il a reproduit cela immédiatement ! Nous nous sommes adaptés à ce qui été le plus simple pour lui, et aujourd’hui lorsqu’il a faim, il vient nous voir en se frottant le ventre et en disant « miam miam » lorsqu’il a faim.

Et si ça ne fonctionne pas ?

Toutes ces petites astuces ne fonctionnent évidemment pas toujours. Parfois ton enfant est fatigué, excité, il a été très stimulé dans la journée, il est douloureux… il ne sera pas forcément réceptif à tes consignes. Si c’est le cas, inutile d’insister et de vous énerver tous les deux, mieux vaut laisser tomber.

Essaie de faire diversion, de l’amener sur autre chose ou de lui proposer une activité qui lui plait, joue avec lui avec un jeu qu’il aime particulièrement par exemple.

S’il n’écoute pas, cela peut venir aussi de son besoin de découverte. Par exemple, mon fils a toujours voulu ouvrir tous nos placards de cuisine. Pas étonnant, ils regorgent d’objets du quotidien, cela le fascine, d’autant plus qu’il nous voit les utiliser très souvent. Alors, pour contenter tout le monde et lui permettre d’explorer sans danger, nous avons mis en hauteur les objets qui se cassent ou dangereux pour lui. Nous lui avons laissé accès à deux placards de cuisine, en lui laissant des objets qu’il peut manipuler sans danger : des moules en silicones, ustensiles de cuisine en vois, petites cuillères, verres en plastique, dessous de plat en liège…

Il était heureux comme tout, et nous rassurés et content de le voir manipuler avec plaisir pleins de nouveaux objets ! Aujourd’hui, ce besoin étant satisfait, il est passé à autre chose et n’ouvre plus les placards !

Ce qu’il faut éviter de faire

Parfois, ton enfant n’arrive pas à appliquer les consignes car elles sont trop difficiles pour lui ; dans ce cas, il faut l’accompagner.

Surtout, il faut éviter de le faire à sa place sans l’impliquer, car il comprendra vite que tu le feras toujours s’il refuse, et refusera de le faire par la suite.

S’il n’y arrive pas seul, propose-lui de le faire ensemble, montre-lui en « découpant » les actions et en lui expliquant, et fais-le participer avec toi, fais-en un jeu pour que cela l’intéresse. Ce sera plus long au départ, mais sur long terme ce sera un gain de temps et d’énergie certain !

Si cette astuce fonctionne généralement bien, elle n’est pas infaillible. Si vraiment ton enfant ne veut pas suivre la consigne, ne le puni pas, car cela n’a aucun intérêt. Je t’invite à consulter mon article Pourquoi les punitions ne fonctionnent pas ? pour mieux comprendre. Il faudra lui réexpliquer, et recommencer à l’accompagner la fois suivante.

Déculpabilise !

J’espère que mon article t’aura aidé à réfléchir à une relation gagnant/gagnant avec ton enfant, plus dans la coopération que dans le rapport de force.

Et si jamais tu crie encore parfois, ne culpabilise pas. Nous ne sommes pas des robots mais des humains…ça nous arrive tous de craquer. Dans ce cas, explique à ton enfant pourquoi tu as crié, et que ce n’est pas dirigé contre lui, que tu regrettes de d’être emporté. S’il a plus de trois ans tu peux l’encourager à parler des émotions qu’il a ressenti, et lui dire quelles émotions t’ont poussé à crier à ce moment précis.

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4 commentaires

Tania 18 août 2019 - 18 h 45 min

Merci beaucoup pour cet article! Cela fait du bien de le lire et de prendre du recul par rapport a nos habitudes de langage! j’essaie déjà de le mettre en pratique mais pas toujours simple! L’important c’est d’essayer encore et encore jusqu”a ce que cela deviennes un reflexe!
Merci encore <3

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Mary Morgane 18 août 2019 - 21 h 54 min

Bonjour Tania, merci pour ton retour ! En effet ce n’est pas simple de prendre de nouvelles habitudes de langage… mais plus on pratique plus ça devient automatique ! Et puis, nous ne sommes pas des machines, on fait de notre mieux! A bientôt ❤

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Morgane 21 août 2019 - 15 h 46 min

Merci Mary pour cet article qui donne de bonnes pistes! De mon expérience avec mes deux filles mais aussi les enfants que j’ai pu accompagner à la crèche ou à l’école, je dirais que la phrase négative n’est réellement comprise que bien après deux ans et que donner plusieurs consignes d’affilé sans se faire comprendre peut durer toute la vie (n’est ce pas chéri?)! Tout ça pour dire que la patience est notre outils de base pour accompagner nos enfants! On va y arriver!!

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Mary Morgane 21 août 2019 - 16 h 09 min

Merci pour ton retour et merci de partager ton expérience avec nous ❤. Pour ce qui est de donner plusieurs consignes d’affilé je suis totalement d’accord 😂 !!!
Oui, on va y arriver, même si tout n’est pas parfait on fait de notre mieux, et la patience ça se travaille 😉

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